Partager l'article ! GÉNÉALOGIE - 5: ÉNIGME non résolue : C'est un pléonasme ! (par Marcel Le Boïté) Lors de notre premier ...
ÉNIGME non résolue : C'est un pléonasme !
(par Marcel Le Boïté)
Lors de notre premier chapitre sur la 'Généalogique', je vous avais raconté comment un certain nombre d'Acadiens avaient fait une traversée épouvantable, mortelle même, de l'Atlantique pour venir en France.
Je vous présente aujourd'hui le jeune François Véco, âgé de 13 ans, arrivé le jour de la Toussaint 1758, à Saint-Malo et dirigé aussitôt vers l'hôpital de cette ville. Le « paquebot » Duc Guillaume affrété par les Britanniques pour déporter vers la France les Acadiens qui, pour la plupart venaient de l'Île Royale et de l'île Saint-Jean, avait déversé son lot de pauvres hères, presque tous malades. La mère de François était morte en arrivant au port (elle a été inhumée à Saint-Servan), ses quatre frères et sœurs étaient morts en mer, et son père allait mourir à l'hôpital trois jours plus tard. François qui avait alors 13 ans, après être sorti de l'hôpital, s'est employé dans la mesure de ses forces à faire des petits boulots ici ou là. Il attendait que ses grands-parents, ses oncles et tantes, et cousins-cousines arrivent eux aussi d'Acadie. Ils avaient tous embarqué sur le Violet . Malheureusement le 13 décembre de la même année, après une traversée éprouvante,ce navire ainsi qu'un autre bateau chargé lui aussi d'Acadiens, sombrait à l'entrée de la Manche. On dénombrera plus de 700 morts ! François n'avait plus de famille. Celle-ci descendait d'illustres ancêtres, en particulier Jean Dion GUYON et Mathurine Marie ROBIN, des pionniers dont les noms figurent sur le monument dédié à Louis Hébert à Laval (Québec).
"It came on a most violent squall for ten minutes, and when it cleared up, they found, to their great and deep concern, that the poor unfortunate Violet, with near four hundred souls, was gone to the bottom."
« Les documents de l'époque, conservés aux Archives de la Marine à Brest, désignent ces navires comme paquebots, mais il est fort probable que le confort offert aux passagers n'y était pas particulièrement extraordinaire, car la traversée fut marquée par la mortalité d'au moins du tiers des passagers. Les enfants en bas âge et les personnes âgées furent les plus touchés. Certaines familles furent totalement anéanties. D'autres n'eurent qu'un ou deux survivants, mais d'autres eurent la chance de débarquer au complet. Immédiatement après le débarquement, il y eut encore beaucoup de décès. À tel point, que le recteur (le curé) de Saint-Servan en fait la remarque à la fin du registre paroissial des sépultures de l'année 1759. Entre le 1er novembre 1758 et le 9 mars 1759, dix bateaux y débarquèrent entre 1 500 et 2 000 Acadiens. »
Rôle du Duc Guillaume, arrivé à Saint-Malo le 1er novembre 1758.
Sur les 342 personnes listées, 146 sont disparues en mer, 29 sont mortes à l'hôpital dans les 2 mois et on est sans nouvelle d'une autre. Bilan 166 survivants, nous pouvons nous poser des questions sur les conditions de vie à bord de ce bateau.
Liste établie par Louis-Xavier PEREZ.
Corrections apportées le 7 juillet 2008 suite à une comparaison avec l'original détenu par les archives de la Marine de Brest. Ref 1P9-6
|
40 |
VECO François, de Québec, habitant de l'Ile Saint-Jean, mort à l'hôpital le 4 novembre
1758 |
« Le nombre des Acadiens était encore trop important pour que ceux-ci puissent être tous logés à Saint-Malo et à Saint-Servan, qui était des villes déjà très populeuses. Les rapatriés ont donc été répartis dans les 37 paroisses environnantes qui acceptaient de les accueillir. Elles appartenaient à deux actuels départements limitrophes: l'Ille-et-Vilaine et les Côtes d'Armor.
« Ils vécurent là pendant 15 ou 20 ans, parfois même plus, en attendant d'être fixés sur leur sort. Ils y furent rejoints par une partie des Acadiens libérés d'Angleterre qui avaient passé sept ans en prison. Les autres avaient été débarqués à Brest, Morlaix, Cherbourg et Boulogne, mais ils vinrent également dans la région quelques années plus tard. En somme, les Acadiens étaient là en transit et attendaient que le roi de France trouve une solution satisfaisante pour les établir.
« À cette époque régnait Louis XV. Il était plein de bienveillance envers les Acadiens. Peut-être s'estimait-il moralement responsable de leurs malheurs? Il commença par leur octroyer une solde de six sols par jour et par personne, y compris pour les nouveau-nés. Cela ne compensait certainement pas tout ce qui avait été perdu là-bas en Acadie, mais sans doute cela leur permit-il de vivre à peu près décemment. Cette somme correspondait à la solde des militaires en activité. Mais cela excita peut-être aussi la jalousie des populations locales. Malheureusement, cette solde n'était pas payée avec ponctualité et les Acadiens furent réduits à s'endetter pour survivre.
En 1764, un petit nombre de réfugiés acceptèrent de partir pour la Guyane.
« En 1765-1766, un second contingent de 78 familles d'Acadiens se vit proposer un établissement à Belle-Île-en-Mer, (L'Abbé Le Loutre y avait très fortement contribué). Là on leur donna terres, maisons, bétail et outils. La plupart de ces familles étaient de celles qui avaient été déportées en Angleterre en 1755 et qui étaient arrivées en Bretagne deux ou trois ans plus tôt. Cependant, parmi elles, 20 faisaient partie des rapatriés de I'Île Saint-Jean. Un autre contingent fut dirigé vers le Poitou.
« La grogne commençait à monter chez les Acadiens. Ils savaient que beaucoup de leurs parents s'étaient installés en Louisiane et l'idée d'aller les y retrouver commençait à germer dans certaines têtes. Ce début d'agitation avait amené le gouvernement royal à décider que les marins et leurs familles seraient ramenés à Nantes. Du coup, plusieurs laboureurs déclarèrent être marins... et cinq convois quittèrent Châtellerault en 1775 pour venir dans le grand port de l'embouchure de la Loire.
« Quelles relations les Acadiens entretinrent-ils avec les populations locales pendant tout leur séjour transitoire en France? Les documents d'archives ne les mentionnent pas expressément en tant que tel. Il faut donc les déduire en tirant des conclusions sur le contenu des documents, mais nous entrons dans un domaine éminemment subjectif.
« Pour ce faire, les registres paroissiaux des localités d'accueil sont nos principales sources. Pendant les premières années qui suivirent l'arrivée des Acadiens en Bretagne, tous les actes (baptêmes, mariages, sépultures) portent généralement une mention marginale signalant qu'il s'agit d'Acadiens indiquant la provenance des personnes concernées : de l'Acadie, de la colonie de l'Acadie, de la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul, etc. D'autre part, la mention marginale disparaît au bout de dix ans environ et l'origine des personnes concernées devint de cette paroisse même. La conclusion logique est qu'aux yeux du clergé, les Acadiens étaient maintenant totalement assimilés.
« Qu'en est-il aux yeux de la population autochtone ? Cela est très variable et semble dépendre essentiellement de la paroisse considérée. Par exemple, à Saint-Suliac, petite localité d'Ille-et-Vilaine de la rive droite de la Rance, où 111 familles acadiennes (soit, près de 500 personnes) vécurent entre 1758 et 1774, il n'y a pas eu un seul mariage mixte Acadien-Breton. Qui plus est, les témoins cités à la fin des actes sont toujours Acadiens pour les cérémonies acadiennes et Bretons pour les cérémonies bretonnes. Ces détails semblent indiquer que les deux populations ont vécu côte à côte tout ce temps-là, sans entretenir la moindre relation entre elles.
« Par contre, à Pleudihen, localité des Côtes d'Armor, sensiblement de même importance que Saint-Suliac et distante d'environ quatre kilomètres, il y eut des mariages mixtes. Peu, mais il y en eut quand même. Le châtelain du village, veuf et sans enfants, adopta légalement un Acadien: Amand Boudrot, dont il fit son légataire et qui devint, après la Révolution, chef de la section locale de la Garde Nationale chargée de maintenir l'ordre sur le territoire de la paroisse maintenant devenue commune. On peut donc dire qu'à cet endroit, il y eut des relations entre Acadiens et Bretons. Il en fut de même dans d'autres localités bretonnes, comme Saint-Enogat (aujourd'hui, Dinard), Saint-Malo et Saint-Servan.
« À Belle-Île-en-Mer et en Poitou, les populations autochtones adoptèrent très vite les nouveaux arrivants, ainsi qu'en témoignent les mariages quasi immédiats d'hommes du pays avec de jeunes Acadiennes. À Nantes également, il y eut des unions mixtes entre Français et Acadiens pendant les dix ans d'attente. »
Mais qu'est devenu notre François VÉCO. Il n'a pas suivi le mouvement destiné à l'établissement définitif en France.
domicile : entre 1758 et 1762 Saint Servan, 35313, Ille et Vilaine, France
domicile : entre 1762 et 1763 Saint Cast le Guildo, 22282, Côtes d'Armor, France
domicile : entre 1763 et 1764 Saint Servan, 35313, Ille et Vilaine, France,
(source: - "The Acadian exiles in St Malo, 1758-1785" par Albert J.Robichaux)
On le retrouve sur un bateau, la Mimy, du 18 juillet 1759 au 1er janvier 1760. Mais qu'est-il donc allé faire dans cette galère ? - je plaisante bien sûr. Sans doute s'est-il trouvé une âme de marin ou bien a-t-il tenté une installation ailleurs en compagnie d'autres réfugiés?
|
Embarqué sur La Mimy le 18 juillet 1759, revenu de la mer le 1er janvier 1760 |
François VECO 13 ans |
|
On retrouve sa trace sur le rôle d'embarquement du FORT (Capitaine : Yves Julien Mousset), parti du port de Saint-Malo le 20 avril 1764 et arrivé le 15 août à Cayenne. Il porte le numéro 31, il est âgé de 18 ans et il vient de l'île Saint-Jean (Acadie). Il figure dans la liste parmi un certain nombre de célibataires.
RÔLE du 'FORT'
|
Capitaine : Yves Julien Mousset Sorti de St Malo 20 avril 1764 et arrivé à Cayenne 15 août 1764. |
|
31 |
VICO François, 18 ans, de l'Isle Saint Jean |
Arrivé à Cayenne, avec plusieurs familles, il va au lieu que les autorités françaises lui ont assigné, Sinnamary. C'est là qu'il fait la connaissance de Marie Marguerite GUÉDRY, née
vers 1749 à Louisbourg, Nouvelle Écosse, Canada, fille de Pierre Guédry (1723-1759) et de Agnès Triel dit Lapperrière (1725-1758).
En se mariant à Sinnamary le 14 juillet 1767 avec Marie Marguerite Guédry, François entre dans une autre grande famille qui a des ascendants célèbres. C'est ici que commence l'énigme.
Le couple aura six enfants qui seront à l'origine des familles : Merckel, Pain, Poupon, LANNE, DURAND, Dalbiez, Veyron-Lacroix et de Pardieu.
Deux enfants Lanne sont nés à Brest et un jeune de 22 ans est décédé à Brest en 1868.
(À suivre)
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||