LA MARSEILLAISE

Publié le par Marcel Le Boïté

Texte de Marcel Le Boïté

 

Il y a seize ans de cela, j’écrivais à un magazine qui avait consacré un article à l’hymne national français « La Marseillaise ».

Voici la lettre en question :

  

"J'ai lu avec un intérêt soutenu, l'article consacré à "La Marseillaise".

"Mon propos ne porte pas sur l' "aggiornamento" des paroles de notre hymne national, mais sur les conditions de la naissance de sa musique, notamment celle du refrain.

 

"A mon humble avis, le "Chant de guerre de l'Armée du Rhin" n'est pas né "ex nihilo". En effet, le 4 décembre 1786, un certain Mozart a achevé, à Vienne, son concerto pour piano et orchestre n° 25 en ut majeur (K 503). On sait d'autre part, qu'en 1790, pour son "académie", donnée à Francfort, à l'occasion du couronnement de l'empereur Léopold II, il joua le concerto en ré majeur (K 537) et le concerto en fa majeur n°19 (K 459). Je ne suis ni musicologue ni musicographe, mais il ne serait pas interdit de penser qu'il avait dans ses cartons, les partitions d'autres oeuvres dont celle du concerto n° 25, afin de les placer au mieux.

 

"Quelle distance sépare Strasbourg de Francfort ? Environ 190 Km. Et ce n'est pas encore la guerre. Je ne pense pas que Rouget de Lisle ait pu avoir connaissance de ces oeuvres, mais de Dietrich, le maire de Strasbourg, oui, a peu près certainement : il connaissait aussi la musique !

 

"Écoutez maintenant le premier mouvement de ce fameux concerto n° 25, l' "allegro maestoso". Alors, ça ne vous rappelle rien ? Je ne dis pas que Rouget de Lisle et/ou de Dietrich ont plagié Mozart, mais je crois qu'ils ont trouvé là une introduction majestueuse au refrain du "Chant de guerre..."

 

"Comme l'écrit Volker Scherliess (traduction de Jacques Fournier) : « On ne rencontre pratiquement nulle part ailleurs, chez lui (Mozart), des accents aussi radieux, aussi majestueux qu'au début du premier mouvement, où ils ne sont pas seulement dus à la grande distribution orchestrale, mais aussi à la tonalité d'ut majeur et aux accords maestoso du premier membre du thème. Mais la musique ne s'en tient pas à cet unique caractère, elle fait en outre apparaître une multitude de figures graciles qui, dans une ingénieuse alternance, passent à travers les divers groupes instrumentaux, ainsi que différentes modulations harmoniques (notamment à de soudains assombrissements dans le mode mineur), après lesquelles la tonalité de l'ut majeur pur effectue sans mélange un retour d'autant plus éclatant... »

 

"La première phrase « allons enfants de la patrie » apparaît dans deux trios, La Flûte enchantée et l'allegro maestoso du concerto pour piano no 25 (datant de 1786) de Wolfgang Amadeus Mozart

"Xavier Maugendre, L'Europe des hymnes dans leur contexte historique et musical, 1996, p. 11-50"

(Fin de la lettre : je n’ai pas reçu de réponse)

 

On trouve l'ébauche de la mélodie de La Marseillaise dans le concerto pour piano et orchestre n°25 (KV 503) de Mozart composé quelques années plus tôt : les douze premières notes de l'hymne sont jouées au piano par la main gauche à la fin du premier mouvement allegro maestoso.

 

Complément :

Voici pour ceux que cela intéresse, des adresses Url qui permettent d’écouter le 1er mouvement de ce concerto : faîtes un CTRL-clic. (J'espère que cela marchera).

 

Avec Grigory Ginzburg

http://www.youtube.com/watch?v=-tibPR9nho8

 

Avec Mitsuko Uchida

L’orchestre interprète le thème à 2 minutes environ du début ;

ll est repris par le piano de 7’34 à 15’38 (fin du 1er mouvement).

http://www.youtube.com/watch?v=ZF13ihriMog&feature=related

 

Également avec Mitsuko Uchida, mais là, l’extrait de vidéo est plus condensé (les temps ne repérage de sont pas les mêmes).

http://www.youtube.com/watch?v=FgUzzlG49jE&feature=related

 

Si le sujet vous intéresse, il suffit que, dans votre moteur de recherche, vous indiquiez « Marseillaise », et vous trouverez un tas de sites sur le sujet ;  vous remarquerez alors que je ne suis pas le seul à émettre cette hypothèse.

 

-------------------------------------------

 

 

Commenter cet article